Élections locales en Guinée : Voici les attentes des acteurs

Élections locales en Guinée : Voici les attentes des acteurs

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Les électeurs lors des législatives
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Conakry, Guinée: Les populations guinéennes, autorités et partenaires techniques impliqués dans l’organisation des élections , ont des attentes nombreuses et diversifiées, vis-à-vis des élections locales. Malheureusement, le train a du mal à se mettre sur les rails depuis plus d’une décennie.

Depuis la fin du mandat des derniers maires élus 2005, la Guinée court derrière les élections locales. L’attente des populations locales devient longue avec la crispation sans cesse du débat politique. Ce, au regard du non-respect des conclusions des dialogues regroupant les protagonistes en l’occurrence, le Pouvoir de Conakry et l’opposition républicaine, sous l’œil de la Société civile et des représentants de la Communauté internationale.

«Si un jeune est élu à la tête de la Commune urbaine de Labé-capitale de la région du Foutah Djallon- il pourra tisser des liens avec d’autres mairies en France, en Belgique et autres du monde pour trouver et faire venir chez nous, des petites et moyennes entreprises » espère Amadou Tidiane Diallo, un citoyen rencontré dans la commune urbaine de Labé.

Apporter du sang neuf dans la gestion de cette collectivité, est « une façon de trouver de l’emploi pour les jeunes de Labé car de nos jours, si vous allez dans les quartiers, il y a plusieurs coins où les jeunes se rencontrent, simplement pour fumer et boire de l’alcool ou s’adonner aux jeux de la loterie » poursuit-il. D’ailleurs, « il ne faut plus élire les ignorants mais des intellectuels à la tête de nos collectivités, juste pour confirmer l’assertion qui dit que « le développement commence à la base », renchérit Mamoudou Diallo.

«Cycle électoral bouclé « 

Le renouvellement et le rajeunissement des équipes à la tête des collectivités locales semble une piste privilégiée des citoyens à la base. Ce, pour un réel « changement pour se passer d’une gestion de routine à une autre orientée vers le développement », analyse cet autre citoyen de la Cité Karamo Alpha Mô Labé.

En Guinée, il est de notoriété publique que le mandat des derniers élus à la tête des communes est expiré en 2005. Depuis, des difficultés d’ordre politique, administratif et juridique empêchent l’organisation de ces élections dites de proximité.

Pour Safiatou Camara, diplômée sans emploi, « la Guinée doit dépasser ce débat de clochers concentré sur les éelections. Car elle a mieux à gagner en se montrant une Nation à laquelle on doit faire confiance. Ce qui peut ouvrir la voix à plus d’investissements étrangers ».

Le financement des élections en Guinée est souvent un goulot d’étranglement. Le gap dans le budget électoral est chaque fois comblé par des partenaires techniques et financiers comme l’Union Européenne.

Celle-ci s’attend à ce qu’enfin « le cycle électoral soit bouclé » en Guinée par l’organisation des élections locales. Les engagements pris par la Guinée, à la fin de la transition militaire en 2010, consistait à organiser trois élections dont la présidentielle, les législatives et les locales.

«La présidentielle a été organisée à deux reprises, en 2010 et 2015, les législatives une fois, en 2013. Il reste les élections locales pour boucler ce cycle électoral, les acteurs politiques ayant choisi de privilégier les élections nationales. Ce n’est qu’après avoir accompli le cycle complet qu’il sera possible d’évaluer objectivement l’impact du choix des modalités d’élection sur le fonctionnement de l’Etat et de la société de façon générale et de tirer des leçons pour l’avenir » explique la Délégation de l’UE en Guinée.

Les électeurs lors des législatives
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Ce partenaire technique et financier, également, révèle avoir mis en place, pour le compte de la dernière élection présidentielle 2015 et des élections locales prochaines, un budget avoisinant les 15 millions d’euros.

«En tant que partenaire de la Guinée, l’Union européenne souhaite l’organisation des élections locales d’ici la fin de l’année 2017 afin, justement, de boucler le cycle électoral et de préparer sereinement les futurs scrutins, notamment les législatives prévues en 2018. Il est crucial d’organiser des élections locales transparentes, crédibles et apaisées pour mettre un terme aux Délégations spéciales qui sont une solution transitoire n’ayant pas vocation de se pérenniser » déclare la Représentation de l’UE en Guinée.

Les élections locales «dans les meilleurs délais »

Déjà, après la grande crise au sommet de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), l’institution semble dorénavant s’occuper de l’essentiel : le rôle pour lequel elle est fermement attendue par l’opinion. Le nouveau président de l’institution électorale, Me Amadou Salif Kébé qui a remplacé Bakary Fofana, travaille à sortir un chronogramme électoral afin de définitivement déblayer le chemin pour l’organisation de ce scrutin.

Dans un communiqué rendu public le jeudi, 24 août 2017, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) annonce qu’elle « a finalisé l’avant-projet du chronogramme des élections communales et le dossier d’appel d’offres (DAO) relatif à l’audit du fichier électoral. »

A la CENI où il est difficile d’arracher un mot au Directeur des Opérations, Etienne Soropogui, l’on annonce tout de même que dans ce communiqué que ces documents cités plus haut, seront présentés au Comité de suivi de l’Accord politique du 12 Octobre 2016. Un atelier inclusif de «partage et de validation de ce chronogramme » sera organisé, poursuit l’institution électorale, dans le but d’organiser ces élections locales dans « les meilleurs délais. »

Cette assurance de la CENI a lieu dans un contexte marqué par une décrispation du climat politique. En réalité, par décret présidentiel, le Chef de l’Etat, Pr Alpha Condé, a procédé à la promulgation du Code électoral et du Code des Collectivités locales. Un pan de la barrière contre l’organisation de ces futures élections locales est tombé. La tenue d’une marche pacifique de l’opposition, le 2 août dernier, sans heurts, sont des signes « encourageants » aux yeux des partenaires comme l’Union Européenne.

«Les acteurs politiques doivent accompagner cette dynamique qui contribue à l’apaisement du climat socio-politique », estime l’Union Européenne à Conakry.

Du côté de la scène politique, naturellement, les avis sont divisés.

« Nous attendons que la CENI donne un chronogramme électoral. Dès que nous aurons le chronogramme, nous pouvons nous déterminer. En attendant, on attend. Je crois que nous allons l’avoir dans les meilleurs délais » réagit Lansana Komara de la Mouvance présidentielle.

Honorable Djalika Diallo, de son côté,espère que les prochaines élections se dérouleront dans un climat détendu.

 

« J’espère que ces élections se déroulent dans un climat de sérénité et surtout d’apaisement. Que tous les partis choisissent les candidats  leur convenant; les listes respectent la parité homme-femme ; que toutes les femmes soient en position d’éligibilité sur les listes électorales et que les campagnes électorales se déroulent dans un climat d’apaisement, une campagne civilisée sans violence » confie cette député à Guinéetime.

« On invite tous électeurs à la non-violence. Que les partis politiques éduquent les militants, pour que la culture de la non-violence soit de mise » lance Mme Djalika Diallo.

Chez l’opposition, il y a également des attentes.

« Nous estimons que les élections peuvent avoir lieu avant  la fin de cette année.  Nos attentes? C’est faire en sorte le président de la CENi actuelle et tous les commissaires s’accordent pour une fois à rassurer d’abord les acteurs politiques et faire en sorte que les résultats qui sortiront des urnes soient acceptés de tous  » réagit Alhussein Makenera Kaké de l’Opposition Républicaine.

« Et pour cela, poursuit-t-il, il faudrait que, quand Paul vote pour Pierre, le vote soit décompté pour Pierre. Voilà nos attentes par rapport à ces élections.

 

La rédaction

 

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