Guinée : Makanéra n’est pas contre le retour de Bantama Sow au...

Guinée : Makanéra n’est pas contre le retour de Bantama Sow au gouvernement (Entretien)

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Alhousseiny Makanera Kaké, Président FND

Conakry, Guinée : Alhousseine Makanéra Kaké, président du Front national pour la démocratie (FND)a accordé une interview téléphonique à guineetime jeudi 24 août dernier.

Guineetime : Après l’installation du nouveau président de la CENI dans ses fonctions, peut-on dire la marche vers les élections locales est désormais enclenchée. Quelles sont  vos attentes, au niveau de l’opposition?

Makanéra Kaké : Nous estimons que les élections peuvent avoir lieu avant la fin de cette année. Nos attentes, c’est de faire en sorte que le président de la CENi actuelle et tous les commissaires s’accordent pour une fois à rassurer d’abord les acteurs politiques et faire en sorte que les résultats qui sortiront des urnes soient acceptés de tous. Et pour cela, il faudrait que, quand Paul vote pour Pierre que  le vote soit décompté pour Pierre. Voilà nos attentes.

Quelle appréciation faite-vous du niveau des préparatifs de ces élections?

Il est difficile aujourd’hui que nous parlions du niveau des préparatifs des élections, parce qu’on ne nous a rien soumis. Mais ce qui est clair c’est que  la CENI nous avait dit qu’elle est capable d’organiser les élections locales depuis décembre passé. Nous estimons qu’ils en ont la capacité, il s’agit seulement de leur donner les moyens qu’il faut pour organiser ces élections. Et pour ça, nous attendons le chronogramme électoral pour que nous puissions discuter ensemble et savoir comment réaliser rapidement ces objectifs qui consistent à organiser  les élections transparentes et crédibles, acceptés de tous d’ici la fin de l’année.

Leur volet de l’actualité, c’est la récente réunion de l’opposition républicaine. Il se dit que les opposants ont finalement fumé le calumet de la paix. Et que les partants du FAD (front pour l’Alternance démocratique, Ndlr)   seraient revenus à la maison. Est-ce vrai ?

Il est difficile de dire les partants, parce qu’ils ont toujours dit qu’ils ne sont pas partis. Ils se sont toujours réclamés de l’opposition républicaine.

Ils ont pris tout de même leur distance…

Oui, ils ont pris leur distance par rapport à nos manifestations, c’est-à-dire les meetings et la marche du 2 août. La marche du 2 août et les meetings ont connu grand succès, retentissant.  Et,  aujourd’hui, ils sont revenus. Je pense que nous allons repartir sur des nouvelles bases. Ce qui s’est passé   est désormais derrière nous.

Il se dit que c’est Dr Faya Millimouno, leader du BL qui serait à l’initiative de cette réunion de l’opposition. Est-ce vrai?

Non, non ! Ce n’est pas à l’initiative de Dr Faya. Ce qui reste clair, c’est que les partis membres du FAD qui étaient aussi membres de l’opposition républicaine avaient toujours dit qu’il n’y avaient pas quitté. Comme nous avons suspendu nos manifestations, c’est à cause de cela qu’ils sont revenus. Personne ne peut dire aujourd’hui ‘’c’est moi qui ait fait revenir Paul ou Pierre’’.

Certains de ces opposants ont estimé qu’ils étaient mis devant le fait accompli au sujet des manifestations. C’est pourquoi    ils auraient pris leur distance, parce que c’est l’UFDG qui est au centre de toutes les décisions. Qu’en dites-vous?

Vraiment ! On a décidé de taire tout cela maintenant. Le linge sale a été lavé en famille. Je ne voudrais pas revenir sur tout ce qui a été dit avant et pendant la plénière.

Il y a eu récemment des nominations au sein du gouvernement Youla. Il s’agit notamment de Bantama et Ibrahima Kourouma qui ont leurs retours dans le sérail. Votre commentaire?

Vraiment ! Moi, je suis très très content. Bien que Bantama et moi, ce n’est pas un grand amour, mais je suis très content de son retour. Il faut se dire la vérité, ce monsieur, je l’ai connu depuis 1992. Nous étions côte à côte,  quand moi j’étais à l’UNR, lui, au RPG. Donc, le faire partir et faire venir les opportunistes qui n’ont rien fait et qui ne foutent rien aussi pour le pays, ça fait mal ! Moi, je pense que toute peine mérite salaire. Quand tu t’es battu avec des gens, si vous avez le pouvoir, il faut le gérer avec eux-mêmes. J’entends les gens dire ‘’tel ministre est incapable, tel autre est ceci ou cela’’, tout ça ce sont des mensonges. Toi, tu dis que le ministre n’a pas travaillé, tu ne connais pas sa lettre de mission, tu ne connais le budget qu’on lui a alloué, mais tu veux l’apprécier. Sur quel critère, tu va apprécier son travail ?

Deuxièmement, aujourd’hui, le système de gouvernance d’Alpha Condé, aucun ministre ne peut être meilleur. Tout ce qu’on vous dit là, c’est faux !Parce que le ministre n’a aucune prérogative, aucun pouvoir. Mais comment tu peux être un bon ministre ?

Mais, quand on sait qu’on n’a ni prérogative ni pouvoir, pourquoi ne pas démissionner  pour éviter d’être la cible du courroux des compatriotes?

Non, ceux qui disent ça, c’est parce qu’ils ne savent pas. Tout le monde ne peut pas démissionner. A supposer que tout le monde démissionne tout de suite, il n’y aura pas un pays. Il faut que les gens comprennent que le combat, c’est pour ou contre. Si tout le monde est contre, il n’y a pas de démocratie. Si  tout le monde est pour aussi, il n’y a pas de démocratie. Donc, ceux qui sont là-bas, ce qu’on peut leur demander, de se  battre pour qu’il y ait une vraie démocratie, pour l’intérêt du pays. Quelque soit la position que vous soutenez, vous pouvez trouver quelqu’un dans le système, l’objectif qu’il se fixe c’est comment se battre pour faire bouger les lignes. Il n’est pas dit que quand on n’a pas (de prérogative) qu’il faut croiser les bras. C’est quand vous estimez que vous ne pouvez plus rien que vous quittez.

Mais tant que vous avez l’espoir que vous pouvez faire bouger les lignes, vous pouvez continuer. Moi, je suis resté avec Alpha Condé pendant deux ans au gouvernement.   Pendant tout ce temps j’ai travaillé, je me suis battu et heureusement, c’est après mon départ qu’ils ont commencé à reconnaitre certaines de mes positions au sujet de l’OGP. Ce que j’ai fait pour défendre Frédérick Loua qui devait aller en prison. Aujourd’hui, c’est lui qui est ministre des Pêches. Mais si j’avais croisé les bras, peut-être ce cadre là n’aurait pas pu être ministre. On allait lui faire tort. Si on lui faisait tort, beaucoup d’autres cadres allaient connaitre le même sort.

Egalement M.Makanéra, vous disiez à un moment donné que vous étiez un porte-parole de circonstance de l’opposition. C’était pendant la prise de distance d’Aboubacar Sylla. Maintenant qu’il est revenu, qu’en est-il aujourd’hui?

Je crois que les prochaines plénières vont trancher cette question.

Donc, vous restez toujours le porte-parole par intérim ?

Non, la plénière déterminera quelle sera ma position et qui sera le porte-parole. Mais ce n’est pas fait d’abord.

Votre mot de la fin pour boucler cette interview ?

Je voudrais vraiment saluer et féliciter l’effort que la presse est en train de fournir. Je souhaite par anticipation bonne fête de Tabaski à tous les fidèles musulmans de Guinée. Parce que la fête de tabaski c’est aussi la fête de tous les Guinéens, compte tenu de la bonne cohabitation entre les différentes religions. Je souhaite que 2020 soit l’année de la victoire, de la démocratie qui va consacrer une alternance où on aura un président élu, face à lui un ancien président qui a bouclé ses deux mandats.

Interview réalisée par Naby Laye Diallo

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