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Elections :  » la Haute Guinée n’est plus le fief du Rpg-arc-en-ciel », dixit Fodé Oussou

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Fodé Oussou vice-président UFDG

Fodé Oussou Fofana, vice-président de la principale formation politique d’opposition, l’UFDG, nous l’a indiqué dans cette interview réalisée jeudi 14 août au bureau du groupe parlementaire Libéral-Démocrate, qu’il dirige par ailleurs, au Palais du Peuple, à Conakry. Lisez !

guineetime.com : après l’installation du nouveau président de la CENI, dans ses fonctions, il va sans dire que la marche vers les élections locales est enclenchée. Du côté de l’opposition, quelles sont vos attentes ?
Fodé Oussou Fofana : Tant qu’on n’a pas un chronogramme, on ne peut rien espérer d’alpha Condé et de la CENI. N’oubliez pas que depuis 2010, monsieur Alpha Condé est président, il refuse d’organiser les élections. Parce que les chefs de quartiers et les délégations spéciales constituent la branche armée du RPG-Arc-en-ciel pour pouvoir frauder toutes les élections. En 2010, on est resté quatre mois sans organiser les élections, depuis qu’il a été élu, il a refusé catégoriquement d’organiser les élections. Pour les élections, nous avons manifesté, on a perdu au moins quatre-vingt jeunes avant qu’il n’accepte, aujourd’hui, nous n’avons aucune confiance à tous les engagements pris par monsieur Alpha Condé ; c’est pour cette raison que nous sommes restés dans notre logique de dire que si nous n’avons pas de visibilité, nous n’avons pas un chronogramme clair, et précis qui donne la date des élections avant la fin de l’année, si la CENI ne fait pas un appel d’offre international pour recruter un opérateur qui va auditer ce fichier électoral, nous serons obligés malheureusement de rester dans notre position, la position qui consiste à faire ce que monsieur Alpha Condé comprend comme langage : les différentes manifestations.

C’est autant dire que vous portez un regard négatif sur les préparatifs de ces élections ?
Nous sommes déjà prêts d’aller à ces élections. Nous n’attendons pas le chronogramme pour nous préparer. Nous sollicitons l’organisation de ces élections, pour qu’on connaisse le poids de tous les partis politiques. Vous savez qu’en Guinée, on aime dire que le parti égal au parti. Les partis politiques qui n’ont pas de militants, même ceux qui n’ont pas de siège social, réclament des places en disant « nous sommes ceci, nous sommes cela». Ces élections locales qui sont des élections de proximité, qui vont permettre à la base de désigner les responsables, chaque parti politique saura son véritable poids. Nous nous sommes prêts d’aller à ces élections ! Nous n’avons pas confiance à tous les engagements pris par monsieur Alpha Condé. Nous savons qu’aujourd’hui, si les élections sont organisées, le RPG-arc-en-ciel n’aura absolument rien. Pour nous, le combat que nous allons mener contre le RPG-arc-en-ciel, ce n’est pas en basse guinée ou en moyenne guinée. A ce niveau, ils savent qu’ils seront complètement battus. Nous défions le RPG-arc-en-ciel dans son propre fief en haute guinée. A cause de la mauvaise gouvernance, les promesses non tenues, la haute guinée n’est plus le fief du RPG-arc-en-ciel. L’UFDG est un parti bien implanté aujourd’hui en haute guinée et qui va jouer sa partition pendant ces élections communales et communautaires.

La dernière actualité, ce sont les récentes nominations faites par le président Alpha Condé dans le gouvernement Youla. Quelle est votre appréciation vis-à-vis de ces nominations?
Ce n’est plus le gouvernement Youla. Il ne faut pas dire le gouvernement Youla, il faut plutôt dire le gouvernement monsieur Alpha Condé.

Mais, c’est pourtant lui le premier ministre, chef du gouvernement, non?
Il est premier ministre de nom. Il n’intervient pas. Ce n’est pas comme ça qu’on fait un remaniement. Ce n’est pas comme ça qu’on maintient un gouvernement.

Comment devrait-on faire, alors ?
Ecoutez ! Quand vous avez changé plus de cinq personnes dans un gouvernement, ce n’est plus un gouvernement. Monsieur Alpha Condé devait logiquement faire un remaniement ministériel, confirmer le premier ministre, discuter avec celui-ci et mettre en place un nouveau gouvernement. Rien ne peut empêcher monsieur Alpha Condé d’enlever demain Youla. S’ il enlève demain Youal, il nomme un autre premier ministre, il a nommé les gens avant Youla, c’est quel gouvernement, vous allez l’appelez le gouvernement Youla ? Je dis, non ! Maintenant, pourquoi il l’a fait ? Pour moi, c’est un non-évènement. Tout le monde sait que pour être apprécié aux yeux d’Alpha Condé aujourd’hui, il faut être incompétent. Monsieur Alpha Condé fait la promotion des incompétents. Dans le gouvernement, les gens ne sont pas nommés par compétence. Ils sont nommés, parce qu’ils sont dans l’esprit de monsieur Alpha Condé.

Mais tout le monde ne peut pas être incompétent, quand-même. Les nouveaux venus….
Ecoutez ! Ce n’est pas mon affaire ! Aujourd’hui, on sait comment ça se passe. Il faut insulter l’opposition, il faut aller au siège du RPG-arc-en-ciel, il faut faire la promotion du troisième mandat. Si monsieur Alpha Condé nomme Bantama Sow comme premier ministre ou coprésident, pour moi c’est un non-évènement. C’est lui seul qui peut nommer un gars comme Bantama Sow qui a tout bâclé comme ministre. C’est son gouvernement. C’est lui qui endossera les résultats. Parce qu’il veut noyer le poisson. Il ne veut pas qu’on parle du drame de Dar-es-salam. Il veut occuper le peuple. Parce qu’il a sa responsabilité dans ce drame.

Quelle devrait être sa réaction ?
Mais, écoutez ! Mieux vaut prévenir que guérir. Tout le monde sait qu’on ne peut pas mettre en plein centre ville, dans un quartier comme tel un dépotoir d’ordures. Tout le monde savait que ces déchets étaient là. Le gouvernement savait aussi qu’en bas de ces déchets, il y a des habitants. Le gouvernement devait prendre ses responsabilités. Si monsieur Alpha Condé avait du respect pour ses morts, il n’allait pas nomme un Bantama Sow comme ministre. C’est parce qu’il ne veut pas qu’on parle du drame de Dar-es-salam. Pour moi, la préoccupation majeure, c’est le drame de Dar-es-salam. Il ne faut pas que le peule tombe dans le piège de monsieur Alpha Condé. Le peuple doit se lever et demander des comptes à monsieur Alpha Condé par rapport à tout ce qui se passe dans le pays. Il a enfoncé le pays. Le pays est dans le trou profond. Aujourd’hui, il y a la misère, on ne peut pas circuler, les gens mangent une seule fois par jour. Aujourd’hui, la corruption est devenue un mode de gouvernance, monsieur Alpha Condé fait ce qu’il veut. Il a soixante ministres à la présidence de la république. Parmi ses soixante ministres, il y a au moins quarante qui n’ont pas de bureaux. Il prend l’avion, il s’en va au moment où il y a le drame, au moment où il y a eu l’accident sur la route de Kindia à cause du mauvais état des routes. Aujourd’hui, quand on quitte la maison pour le bureau, on arrive à 13heures. Les gens ne viennent même pas au bureau parce qu’il y a rien à faire. C’est sur ces questions là qu’il faut interpeller monsieur Alpha Condé.

Revenons à la maison de l’opposition pour parler de la réunion d’hier (mercredi 23 août, ndlr) qui a consacré le retour du FAD (Front pour l’Alternance Démocratique) que dirige Aboubacar Sylla. Nous savons que monsieur Sylla et ses camardes Mouctar Diallo et Jean-Marc Telliano avaient pris leur distance de l’opposition républicaine. Il semble que vous fumez désormais le calumet de la paix. Qu’est-ce qui s’est passé réellement ? Le FAD n’a jamais quitté l’opposition.

Mais, ils s’étaient éloignés de l’opposition républicaine tout de même. Puisque le FAD n’a pas pris part à la dernière marche organisée par l’opposition républicaine ?
Le FAD n’était pas d’accord pour les manifestations. Mais ça n’a pas empêché la manifestation de se tenir. Nous avons organisé la manifestation sans le FAD. Vous avez vu les résultats avec plus d’un millions de personnes dans la rue. C’est à cause de ça d’ailleurs que monsieur Alpha condé lui-même a donné des instructions à la CENI pour qu’il y ait un chronogramme. Si on n’avait pas manifesté monsieur Alpha Condé n’aurait pas fait cela. Le FAD n’était pas d’accord, c’est son droit. Maintenant, après ces manifestations, ils sont revenus, parce qu’ils ne sont jamais sortis de l’opposition républicaine. Ils ont assisté à la réunion de cette opposition républicaine. Nous avons tiré des leçons, nous avons compris que nous avons un seul et unique adversaire c’est Alpha Condé et sa gouvernance. Nous sommes obligés de nous donner la main pour lutter contre monsieur Alpha Condé pour avoir une alternance. Cette alternance, on ne peut l’avoir que dans l’union. Nous avons décidé d’unir toutes nos forces, maintenant, il n’y a plus de problème. Le FAD s’est engagé que si demain il y a une manifestation, le FAD va assister. Mais autour de cette table, il y e n aussi qui n’étaient pas d’accord sur le point 2 de l’accord politique. A ce niveau aussi, certains partis politiques avaient pris leurs distances. Mais puisque ce point de l’accord politique est devenu une loi, ils ont dit « à partir de cet instant, on ne peut plus s’opposer à la loi. Mais nous n’avons jamais quitté l’opposition républicaine» C’est pour cela que nous disons que l’opposition est aujourd’hui complètement restructurée. C’est une opposition unie, qui a un seul et unique adversaire, c’est monsieur Alpha Condé et sa gouvernance.

Justement, le porte-parole désigné de l’opposition Aboubacar Sylla ne portait plus la parole pendant ce temps. C’est Alhousseine Makanéra Kaké qui faisait office de porte-parole. Les deux se livraient même à des accrochages verbaux par medias interposés. Est-ce qu’aujourd’hui cette question est réglée ?
Comment voulez-vous qu’un porte-parole qui prend ses distances, qui n’assiste pas à une réunion puisse être encore porte-parole ? Si Aboubacar Sylla n’était pas là, évidemment, il fallait bien qu’on fasse le compte-rendu. Makanéra a bien joué ce rôle. Mais ce qu’il ne faut ne pas oublier le porte-parole attitré de l’opposition républicaine s’appelle El hadj Cellou Dalein Diallo. C’est lui qui est le chef de file de l’opposition.

Propos recueillis par Naby Laye Diallo

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