« Le président par intérim de la CENI ne connait pas son rôle »...

« Le président par intérim de la CENI ne connait pas son rôle » dixit Faya Millimono

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Dr Faya Millimono BL

Guinée- Dans cette interview réalisée réalisée le mardi 7 août, Dr Faya Millimouno, leader du Bloc Liberal (BL) doute surtout de la tenue des élections communales et communautaires en 2017, faute de budget. Lisez !

Guineetime : La cour constitutionnelle a procédé à la désignation de Aziz Kader Camara comme président intérimaire de la CENI. En tant que président du BL, donc acteur politique, quelle est votre réaction ?
Faya Millimouno : Je commence par rappeler que la CENI actuelle devait déjà changer. Ceci en vertu des accords politiques de 2015. Si la CENI actuelle est encore en place, c’est parce que les acteurs ont convenu de lui permettre d’organiser les élections locales. Maintenant, les élections locales ne sont pas organisées ou ne pointent même pas à l’horizon. On est en train de gagner du temps par des crises. Bakary Fofana évincé par les autres commissaires, élections de M. Kébé, passation de services ignorée par les autorités compétentes, dont le ministère de l’Administration du Territoire et la Cour constitutionnelle qui accède à la requête de Bakary Fofana pour suspendre toute passation ; Je trouve à la fois que si la cour constitutionnelle joue son rôle, l’Etat dans son ensemble, est en train de tourner le peuple en rond.

Mais, le nouveau président désigné, à peine installé s’est engagé, quoi que président intérimaire, à organiser les élections communales et communautaires. N’est-ce pas rassurant ?
Non, il est en train de dire des choses qui démontrent qu’il ne connait pas le rôle que le président intérimaire doit jouer. Il est là pour exécuter les affaires courantes ; Et cela pendant une période prévue par la constitution. Parce qu’en pareille circonstance, il y a des délais qui sont incompressibles ; Donc, dès lors que la Cour constitutionnelle  va faire son arrêt sur le fond de la requête de Bakary Fofana, ce président là va retourner à sa place de commissaire ; Cela va permettre à Kébé de prendre fonction de façon temporaire également. Parce que dès que les élections locales sont tenues, il faut envisager mettre en place une véritable CENI.

Quand vous dites que cela va permettre à Kébé de reprendre sa place, pensez-vous que la requête de Bakary ne trouvera pas de suite favorable?
Non, si la requête de Bakary Fofana trouve de bonne suite peut-être parce que la loi a été violée. Il y a eu vice de procédure etc. Il faudrait que la CENI prenne des dispositions immédiates pour se conformer à la loi pour le destituer. Parce qu’on n’est pas propriétaire d’institution.

A vous entendre parler, on a comme l’impression que ce changement de tête à la CENI ne résoudra pas le problème ; puisque vous parlez des accords ?
C’est une solution qui est temporaire. Nous ne sentirons la bonne volonté d’aller à l’application des accords que lorsque l’on va entendre la démarche commencer qui va se terminer au bout par l’installation d’une nouvelle CENI ; Lorsqu’on va entendre que le recrutement est en cours pour trouver l’opérateur qui va faire l’audit ; c’est tout cela qui va nous permettre de savoir qu’on est au sérieux. Sinon, pour l’instant, du people.

Dr Millimouno on va revenir au Bloc Liberal. Lors des dernières manifestations de l’opposition républicaine, nous avons aperçu le chargé de communication du BL, Aliou Bah sur le toit des véhicules des marcheurs aux côtés du chef de file de l’opposition Cellou Dalein Diallo. Il semble que vous n’étiez d’accord avec sa démarche. Qu’en est-il en réalité?
Le parti a pris acte de cet acte posé par son directeur de la communication. Le parti a abordé la question au cours de la réunion du vendredi dernier. Le BL a convenu de confier le traitement du dossier à deux organes techniques : le conseiller juridique et la commission de discipline. Lorsque le travail sera terminé au niveau de ces deux commissions, on nous fera la recommandation. C’est sur la base de cela seulement que nous prendrons une décision.

Vu la friction de l’opposition, est-ce que le BL s’associera aux prochaines manifestations projetées par l’opposition républicaine?
Si, le Bloc Liberal participe pleinement aux activités de l’opposition républicaine et prend part à la prise de décisions liées à la manifestation, le BL respectera ces calendriers. Sinon, nous sommes plutôt en train d’aller envers les Guinéens, là où ils sont pour pouvoir les motiver à venir au BL.

Voulez-vous dire qu’on ne vous associe pas aux rencontres de l’opposition républicaine?
Ça c’est depuis novembre. C’est vrai qu’il y a eu des lettres qui nous ont été adressées la veille des manifestations, pour nous demander d’y participer. Ce n’est pas comme ça que le BL participe à des manifestations.

Comment voulez-vous qu’on vous invite à la manifestation?
Le problème ne se pose plus seulement en termes d’invitation. Le problème se pose en termes de construction de l’opposition. Aujourd’hui, il faut se rendre compte que l’opposition est dans une situation très difficile. Il y a le PEDN qui est de son côté, on a beaucoup d’autres jeunes formations politiques qui sont de leurs côtés, nous avons le FAD qui prend une certaine distance ; nous avons l’UFDG et ceux qui sont autour ; nous avons le BL et le CTR. Il y a donc beaucoup de division actuellement au sein de l’opposition. Il faut travailler à mettre tout le monde ensemble, mais dans le respect mutuel, dans la transparence et le respect des règles que nous élaborons. Il faut que nous arrivions à discuter d’un agenda commun minimal, parce qu’encore une fois ce n’est pas le rôle de l’opposition de travailler dans les plates-formes. Les partis d’oppositions ont pour rôle premier d’aller à la conquête de l’électorat, préparer les conditions d’une alternance.

Au regard de cette situation, êtes-vous sûr que les élections communales et communautaires pourront se tenir avant la fin de l’année 2017 ?
Tout ce que nous sommes en train de vivre, on a l’impression qu’on est en train de tourner le peuple en rond. Et qu’il n’y a pas de volonté politique pour organiser les élections. Il faut rappeler qu’il n’y a même pas budget pour les élections locales en 2017. Si quelqu’un peut m’en convaincre, qu’il me dise qu’il y a  une ligne budgétaire dans la loi des finances 2017 qui prévoit l’organisation des élections communales.

Parlant toujours des partis politiques, le ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation a pris récemment la décision de rendre visite aux partis politiques pour savoir quels sont ceux qui fonctionnent réellement. Comment avez accueilli cette décision ?
C’est normal, c’est dans son rôle. Je crois que nous avons reçu le ministre de l’Administration du territoire. Ils nous ont posé des questions que nous avons répondues. Ils nous ont demandé des documents que nous avons présentés. Je crois que ça c’est tout à fait normal. Si l’autorisation des partis politiques obéit à une loi de la République, vous veuillez à l’application de cette loi. Le ministère de l’Administration du territoire qui fait office de ministère de tutelle, doit avoir de temps en temps un doit de regard sur l’existence réelle des partis politiques à travers certains symboles.

Mais est-ce qu’à cette allure, les partis dits cabines téléphoniques ne vont pas disparaitre ? Alors que ce sont eux qui grossissent les rangs des coalitions politiques de Guinée. Même celles de l’opposition ?
Nous ne souhaitons pas qu’un parti meurt. Quand un groupe de Guinéens se retrouvent quelque soit sa taille, pour entamer un rêve pour la Guinée, il faut l’encourager. Du moment qu’on ne nourrit pas ces partis politiques, quoi que nous ayons une loi qui prévoie des subventions pour les partis politiques, je crois qu’on doit laisser les gens en paix lorsqu’on n’a pas accompli ses propres besoins.

Dr Milliouno, quel est votre mot de la fin ?
J’invite tous les militants et sympathisants du bloc libéral à la sérénité. Je vais inviter l’opposition dans son ensemble à l’union. Je vais inviter le peuple de Guinée à redoubler d’effort pour relever les défis qui se présentent à notre pays.

Merci Dr Faya Millimouno.
C’est moi qui vous remercie.

Interview réalisée par Nabilaye Diallo

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