Massacres du 28 septembre : Passe d’armes entre la Guinée et la...

Massacres du 28 septembre : Passe d’armes entre la Guinée et la FIDH

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Conakry, Guinée  : Comme la réponse du berger à la bergère, la Guinée a répondu à la FIDH et organismes affiliés, qui ont  fait un appel à l’organisation rapide du procès sur les massacres du 28 septembre avant le huitième anniversaire de cet événement classé  » crimes contre l’humanité « .

« Si certains ont encore des doutes,ce dossier ira jusqu’au bout » martèle le ministre guinéen delà Justice, Garde des Sceaux, Me Cheik Sako. L’officiel guinéen rappelle que ce dossier, presque le seul qualifié de « crimes contre l’humanité », ces dernières années, suit son évolution normale.

Le ministre Sako a averti que la justice guinéenne n’a pas à se plier aux différentes injonctions des ONG tout en précisant qu’il connait la FIDH, mais « ils ne peuvent pas imposer leur timing à la justice guinéenne. »

Les renforts à la position officielle delà Guinée étaient aussi présents à cette conférence organisée par le département de la Justice ce vendredi à Conakry.

Le Procureur de la République près le Tribunal de première instance  de Dixinn, SIDIKI Souleymane N’Diaye a donné les dernières actualités sur ce dossier.

« Le procureur de la République de Dixinn a adressé des réquisitions supplétives au pool des juges pour demander des confrontations. Le pool des juges a accepté et a adressé en direction des avocats de certains inculpés des correspondances pour informer de la date des confrontations. Le collège d’avocats constitué a répondu au pool de juges que pour le moment, il suspendait sa participation à la procédure pour des raisons qui lui sont propres. Il ne me revient pas étant partie au procès d’apprécier la démarche de ces avocats. Il appartient plutôt au pool de juges d’instruction de décider de la suite de la procédure. Il s’est passé également que des parties civiles ont de nouveau été entendues dans cette procédure et nous avons recueilli leurs auditions. Ce que je vous dis est constant parce que les actes sont dans la procédure » explique M.N’Diaye.

« Il a été également envoyé à destination des autorités judiciaires françaises une commission rogatoire. Nous attendons toujours le retour de la commission rogatoire. Une mission a été déterminée dans la commission rogatoire, ça veut dire ce que le pool de juges voudrait que les autorités judiciaires françaises accomplissent dans le cadre de la coopération judiciaire qui est tout à fait normal entre Etat » poursuit le Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Dixinn.

Il y a quelques jours que la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) a rendu publique une déclaration dans laquelle elle appelle à l’organisation rapide du procès sur les massacres du 28 septembre.

«L’instruction judiciaire est aujourd’hui suffisamment complète pour clôturer le dossier au plus vite et ouvrir le procès au plus tard au début de l’année 2018, comme s’y est à nouveau engagé le ministre de la Justice, Cheick Sako, lors de notre rencontre » a déclaré Abdoul Gadiry Diallo, président de l’OGDH, organisation locale affiliée.

Cette position a été exprimée à l’issue d’une mission internationale, comprenant quatre organisations de défense des droits humains et de défense des victimes.

Celles-ci « appellent les autorités guinéennes à clôturer au plus vite l’information judiciaire sur l’affaire du 28 septembre 2009 au stade de Conakry. Parties civiles, elles demandent à ce que cette clôture ait lieu avant le 8ème anniversaire du massacre, afin de permettre la tenue rapide d’un procès emblématique et trop longuement attendu. »

Le 28 septembre 2009, au moins 156 personnes ont été tuées et 109 femmes violées lorsque des militaires de la junte au pouvoir ont attaqué le meeting de l’opposition tenu au Stade de Conakry.

Bien que qualifié de «crime contre l’humanité » par la commission d’enquête des Nations Unies, ce massacre n’a donné lieu à aucun procès, près de huit ans après les faits.

 

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