Entretien : Abdoulaye Bah, Maire de Kindia : « Ce qui m’opposait à...

Entretien : Abdoulaye Bah, Maire de Kindia : « Ce qui m’opposait à l’ancien préfet’’

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Kindia, Guinée :Abdoulaye Bah, président de la Délégation spéciale de la commune urbaine de Kindia ne fumait pas le calumet de la paix avec l’ancien préfet Deen Camara. Au micro de Guineetime.com, M. Bah est revenu plus en détail sur ce chapitre qu’il est heureux d’ailleurs de mettre au compte du passé.

Guinee Time.com : Mais, dites-nous concrètement qu’est-ce qui vous opposait à l’ancien préfet?

Abdoulaye Bah : Il avait un problème. Il avait un problème même de légitimité. Monsieur Deen  Camara niait l’accord politique d’août 2015. Pour lui, les politiciens, dans une démocratie, ne sont pas habilités à s’entendre pour pouvoir alimenter les communes. Donc, Moi Abdoulaye Bah, issu de cette négociation politique ; d’ailleurs c’est le président Alpha Condé qui avait instruit Bouréma Condé (ministre de l’Administration territoriale, Ndlr) à négocier et signer les arrêtés ministériels nous nommant à ce poste de délégation spéciale. C’est très grave ! Parce qu’il niait l’option du président Alpha Condé qui est son patron. Donc, son problème, c’était qu’un monsieur comme moi, n’était pas digne de gouvernance. Et ça, il fallait lui montrer que la Guinée appartient aux Guinéens en premier lieu, et aux meilleurs de la Guinée, que sont ses fils et filles.

Il avait un problème de légitimité, il avait dans sa tête que nous, nous ne sommes pas digne de gouvernance. Le deuxième problème, c’était au niveau des principes. Il violait les principes, les règles que les textes de lois guinéennes prévoient dans le cadre de la collaboration entre la préfecture, qui est une tutelle administrative chargée de veiller aux principes de légalité, au respect des lois nationales dans les communes. Nous, on est régie par le principe de l’opportunité. C’est-à-dire que les communes en Guinée, de par la loi, doivent juger de l’opportunité de faire ou de ne pas faire quelque chose. Ça c’est politique. Donc, il débordait aussi son boubou d’administrateur, fonctionnaire et il allait sur le terrain politique, qui est notre terrain.

Nous, nous sommes des politiciens. Parce que nous gérons les partis politiques, nous menons le combat, la lutte politique en démocratie. Pour la conquête du pouvoir pour son exercice effectif, également pour le bien de la population. Ça c’est l’affaire des politiciens en démocratie. Donc, un fonctionnaire de par la loi, est interdit de déborder dans ce domaine. Donc, il avait une confusion ; mais ils sont habitués à ça ici. Ici, quand on est un fonctionnaire, on peut déborder. Il fallait donc le rappeler à l’ordre que s’il voulait faire de la politique, il fallait qu’il quitte l’administration et qu’il entre au RPG ou à l’UFDG pour qu’il puisse nous affronter sur le plan politique. Donc, il y avait ce deuxième problème que monsieur Deen avait. Mais Dieu merci, aujourd’hui, ce n’est qu’une parenthèse de l’histoire.

Propos recueillis à Kindia par Nabilaye Diallo

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