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Interview : «L’avenir d’un pays passe par la qualité de ses ressources humaines » (Ministre Yero Baldé)

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Yero Baldé Min Enseignement superieur

Conakry, le 6 Juillet 2017 –  Le Ministère de l’Enseignement supérieur vient d’organiser pour la première fois un forum à Conakry, avec l’objectif de mettre les étudiants et les futurs bacheliers, en rapport avec les institutions d’enseignement supérieur et les acteurs de la formation, pour diffuser des informations sur les programmes, les conditions d’admission et d’orientation, les cursus, les diplômes proposés et les débouchés, afin de rationaliser les choix des futurs bacheliers.

 

Le Ministre de l’Enseignement Supérieur, Monsieur Abdoulaye Yéro Baldé, est l’invité du mois de juin du Le Bulletin du Gouvernement.

Bonjour Monsieur le Ministre ; Vous avez réussi du 1er au 3 juin 2017, la gageure de mobiliser plus de trente mille acteurs (futurs bacheliers, étudiants, enseignants et chercheurs), dans l’organisation du premier forum de l’étudiant guinéen !

C’était un défi à relever, d’autant plus que nous avions très peu de temps pour l’organisation matérielle de ce salon de l’étudiant, dont le but est de mieux réussir la prochaine rentrée universitaire. Il s’agit en effet, d’informer suffisamment, et de sensibiliser les futurs bacheliers, sur l’Université et les débouchés après les études, car de nos jours, toutes les problématiques pour l’emploi, sont posées dans ce genre de forum qui attire de nombreux partenaires privés et publics, pour créer les contacts avec différentes institutions.

On peut retenir que pour ce premier forum, l’immersion a été réussie au vu de l’affluence qui a largement démontré l’intérêt de ce salon tout au long duquel les participants ont largement exprimé leurs points de vue desquels les leçons et les conclusions utiles seront tirées.

Auparavant, il y avait un vide béant qu’il fallait combler, vu l’absence de structures susceptibles d’informer et d’orienter les étudiants. Un forum de cette nature contribue à combler ce vide, d’ailleurs, on y a recours dans tous les pays développés et cette pratique courante ailleurs, est une nécessité chez nous pour donner plus de visibilité aux entreprises, aux universités mais surtout aux étudiants et aux futurs bacheliers.

Parmi les thématiques abordées avec les étudiants et bacheliers, figurait au premier plan l’adéquation des profils des bacheliers avec les programmes de formation du supérieur, et la portion congrue laissée à la formation professionnelle…

Le constat n’est pas récent que nos entreprises se plaignent, non seulement du niveau de nos diplômés à la recherche d’emplois, mais de la nature même de ces diplômes totalement inadaptés aux réalités de ces entreprises pourvoyeuses d’emplois.

Les formations de nos étudiants ne leur conviennent pas ; il n y a pas d’adéquation entre le type de métier qu’elles offrent et les formations dispensées dans nos établissements d’enseignement supérieur. Il fallait donc instaurer le dialogue, commencé bien avant le forum, pour que les entreprises interviennent de plus en plus dans la ‘’FORMULATION’’ de nos programmes de formation, parce qu’il ne sert à rien de former des futurs chômeurs.

Depuis ce forum, nous travaillons de concert avec les entreprises. Déjà certaines banques ont amorcé la coopération avec des universités comme ‘’SONFONIA’’, ou d’autres, etc.

L’annonce provisoire du résultat du recensement biométrique des étudiants des Universités (publiques et privées), a dévoilé de nombreux cas d’irrégularités ; Quelle est la stratégie de votre département, pour assainir le milieu de l’enseignement supérieur ?

La biométrie a pour objectif justement d’assainir les effectifs, et prendre un nouveau départ pour l’identification des Etudiants. L’objectif est double ! Il est pédagogique et financier.

– Pédagogique, pour mieux encadrer nos étudiants, puisque la connaissance de nos effectifs, permet d’avoir des classes pédagogiques ! Par exemple, pour la physique, nous savons le nombre des étudiants, pour une formation mieux encadrée, avec des laboratoires équipées et des enseignements du niveau requis et au plan financier, les économies dégagées seront mieux réinvesties pour améliorer la qualité (de la formation, de la recherche, des enseignements, des équipements, des infrastructures, etc.).

Après 18 mois passés à la tête de ce département, quels sont les défis qui se posent au secteur de l’enseignement supérieur en Guinée ?

Monsieur Baldé : -Il y’en a beaucoup ! C’est tout un processus impossible à régler en 1 an et demi, ni même en deux. C’est un peu comme la gestion de l’Etat ; il faut tout reprendre à zéro.

Beaucoup d’efforts ont été faits par mes prédécesseurs, et nous devons les poursuivre. C’est le cas du programme ‘’cinq mille masters’’, initié par mes prédécesseurs, et qui est en cours d’exécution ; il y a aussi l’introduction des TIC dans l’enseignement et pour la gouvernance du système, nous allons créer l’autorité d’assurance qualité, bientôt opérationnelle. Pour moi, la question fondamentale reste l’insuffisance chronique (en nombres et en qualités), d’enseignants qualifiés. Notre corps enseignant est vieillissant ! Nous proposons donc à ceux qui voudraient toujours enseigner, de leur faire des contrats nouveaux en conservant les mêmes avantages et les mêmes salaires que lorsqu’ils appartenaient aux effectifs durant leurs carrières.

Nous avons également très grand souci d’améliorer les conditions générales de vie et de travail des enseignants ; dans nos universités, il n’ y a pratiquement pas de salle réservée pour les professeurs, en dehors de leurs temps d’enseignement. Leur situation est largement en deçà de celle de leurs homologues de la Sous-Région. Il y a donc énormément à faire pour mieux qualifier notre système et le message est maintenant bien compris au niveau du gouvernement.

Dans le cadre du changement dynamique, vous projetez de doter la Guinée d’écoles d’excellence, afin de relever le défi de la compétitivité dans l’espace MANO ; Où en êtes-vous avec la matérialisation de cette ambition ?

La MANO RIVER UNION a choisi la Guinée pour mettre en place l’école des mines pour les pays de la Sous-Région (Guinée, Côte d’Ivoire et Libéria), et récemment des consultants sont venus des écoles des mines de NANCY et de PARIS, pour aider à réaliser ce projet sous financement de la GIZ Allemande.

Après deux voyages d’études nous attendons le rapport provisoire pour pouvoir avancer mais d’ores et déjà, ils ont fait d’intéressantes découvertes mais en attendant, ils ont mis l’accent sur le problème des enseignants, qui est fondamental. S’il n’y a pas d’enseignant, il n’y a pas non plus d’enseignement mais nous espérons avancer rapidement, en transformant l’école des mines de Boké en une école d’excellence.

Quel est, Monsieur le Ministre, votre mot de la fin ?

Je vous remercie pour l’opportunité que vous me donnez dans votre émission INSIDE et je suis très heureux de constater que c’est un cadre jeune avec beaucoup d’énergie. Je remercie tous ceux qui avaient participé au forum de l’étudiant de début juin parce que les échos que nous recevons nous réconfortent et nous confortent dans notre démarche. Nous nous engageons donc à faire encore mieux l’année prochaine, pour réaliser la deuxième Édition.

La Cellule de Communication du Gouvernement

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