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Guinée : menace de manifestations de rue : la position de Dansa Kourouma… (Entretien)

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Face aux menaces de manifestations de rue de l’opposition, le président du Conseil national des organisations de la société civile de Guinée a une opposition qui coupe la poire en deux. Il s’est aussi exprimé sur la médiation proposée parle président guinéen dans le conflit qui agite le Golfe. C’était le mardi 13 juin dans un entretien qu’il accordé à guineetime.com. Lisez plutôt cet entretien!

Guineetime.com : Le président Alpha Condé se propose comme médiateur dans la crise du Golfe. Le Qatar qui est aujourd’hui en mal avec l’Arabie Saoudite. Qu’en pensez- vous?
Dr. Dansa Kourouma : Je pense que ce phénomène d’isolement, c’est une bonne chose pour la Guinée. Par ce qu’il faut reconnaître que c’est la médiation de feu Sékou Touré qui a porté dans le conflit Iran-Irak. Donc, je ne vois pas de problème que que le président Alpha Condé se propose de participer à cette médiation. Ça permet d’améliorer l’image du pays au niveau international. Sur ce plan, je pense que c’est une bonne chose.

Certains détracteurs  disent que le président Alpha Condé n’a pas le charisme nécessaire comme feu président Sékou Touré pour faire face à cette autre médiation. Etant donné que, selon eux, la médiation qu’on lui a confiée dans la crise en Guinée Bissau, n’a toujours pas abouti. Qu’en pensez-vous?
Je suis d’accord avec vous que la médiation en Guinée Bissau n’a pas encore pris fin. C’est un processus qui continue. Bref, je ne peux pas raisonner comme ses détracteurs. Je pense que s’il réussit la médiation entre le Qatar et ses voisins, c’est une bonne chose non seulement pour lui en tant qu’homme politique, mais également pour le pays. Je sais qu’il n’a pas la même carrure que feu président Sékou Touré, mais il est quand même le président en exercice de l’Union Africaine. Mais, je crois qu’il y a le problème de fond en Guinée que le président de la République et le gouvernement doivent pouvoir aborder avec assez responsabilité. Il y a le problème de gouvernance, le problème de corruption. Et beaucoup d’autres problèmes, telle la crise de confiance… Bref, c’est un travail qui doit se faire aussi pour créer l’équilibre entre la maîtrise des problèmes internes et ceux internationaux. C’est ça aussi qu’on appelle la gouvernance.

L’autre facette de l’actualité, c’est que l’opposition menace de reprendre les manifestations de rue après le mois de ramadan. Qu’en dites-vous?
Je crois que le gouvernement doit pouvoir être capable d’anticiper sur un certains nombre de crises. Il a été prouvé que l’opposition n’obtient des concessions que si elle manifeste. Donc, je pense que c’est devenu comme une sorte d’épée Damoclès sur la tête des gens. Je suis pour un système de dialogue permanent. Il faut que le ministre de l’Administration du territoire rencontre à chaque occasion, les partis politiques pour discuter des blocages ; par exemple sur la mise en œuvre des accords politiques. Les manifestations ont produit un effet dissuasif très négatif pour le pays. Même si ça permet à l’opposition d’avoir des concessions, mais ça accentue la souffrance des populations. Il faut le reconnaître. Parce que ce sont toujours des innocents qui meurent lors de ces manifestations. Nous devons trouver la solution au problème autour de la table du dialogue. Il faut éviter que les innocents perdent la vie pendant ces manifestations. L’Assemblée nationale peut servir bel et bien de cadre de discussion entre les acteurs en désaccord. Mais qu’à cela ne tienne, il faut reconnaître que nous avons à affaire à un gouvernement qui ne fait pas face avec efficacité aux différents problèmes sociaux et économiques de ce pays. C’est ça la réalité.

Entretien réalisé par Nabilaye Diallo

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