Violences à Boké : le conseil de patrice Camara à Alpha Condé...

Violences à Boké : le conseil de patrice Camara à Alpha Condé (Entretien)

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Patrice Camara UNR

Dans cette interview réalisée le 28 avril, Patrice Camara, secrétaire général de l’Union de nationale pour le renouveau (UNR), par ailleurs vice-coordonateur chargé des affaires politiques de la coordination des partis alliées de la mouvance (COPAM), s’est livré à guineetime.com. Concernant plusieurs questions de l’actualité nationale. Bonne lecture !
Guineetime.com : Depuis un moment, une crise secoue une fois encore la Commission électorale nationale indépendante (CENI. La même Ceni. En tant que secrétaire général de l’UNR, acteur politique donc, comment avez perçu cette situation ?
Patrice Camara : Je vous remercie. C’est la vérité qui apparait en plein jour. Puisque tout le monde savait que la CENI avait un fonctionnement assez bizarre. Je me rappelle d’ailleurs que lors du dernier dialogue politique du 12 octobre 2016, la question de la CENI faisait partie des sujets abordés par ce cadre de dialogue. Et une des recommandations fortes, étaient que la session des lois en cours planche sur une nouvelle loi portant sur un nouveau type de CENI. En tenant compte des problèmes de fonctionnement de cette CENI ; les difficultés relationnelles entre les commissaires ; en réalité le climat pratiquement mal sain, puisqu’on peut l’affirmer aujourd’hui, au regard malheureusement de ce qui s’y passe. Ce qui indique que nous sommes en face, fort malheureusement, des responsables qui, manifestement, sont plus préoccupés de leurs bien-être que du mandat qui leur a été confié par le peuple, en l’occurrence l’organisation des élections.

J’ai écouté hier le commissaire Kébé Salif, conseiller juridique de la CENI [ndlr: Me Kébé est directeur du Département Juridique de la CENI] s’expliquant sur une des radios de la place sur les motivations de l’action menée par un groupe dont il est membre contre le président de la CENI. Donc, aujourd’hui changer le président de la CENI, serait peut-être une solution. Mais, je crois pas que ça sera la solution.

Selon vous quelle serait la meilleure solution ? Etes-vous de l’avis de ceux qui ont estimé qu’il faille dès au départ, procéder à la mise place d’une CENI technique, au lieu de celle politique en vigueur aujourd’hui ?
Le débat est ouvert. Les avis sont partagés sur cette question. Personnellement, moi j’opte pour une responsabilité d’Etat.
C’est-à-dire?
Ces questions là doivent être traitées par le gouvernement à travers le département de l’Administration du territoire qui a charge de ces questions là. Comme tout pays normal ou normalisé. Les CENI, c’est lorsqu’un pays est en crise, particulièrement, crise de confiance. Mais aujourd’hui, nous constatons que certains acteurs politiques, ce sont ceux de l’opposition en particulier, qui posent la question de confiance par rapport à l’Administration générale. Mais aujourd’hui, nous constatons aussi que malheureusement, le choix porté sur le type de CENI tel que ça existe de nos jours, le choix porté sur les ressources humaines, au titre des commissaires qui ont été désignés, la question de confiance réapparait. Donc, la décentralisation de cette question du MATD à la CENI indépendante n’a pas résolu la crise de confiance. Que faire ?
Pourtant, toutes les sensibilités sociopolitiques y sont représentées : la société civile, les partis politiques, l’administration…Est-ce un problème de constitution même de cette institution électorale. Ou bien un problème de ressources humaines ?
Je dirais que, manifestement, c’est un problème de ressources humaines qui s’éloignent de l’objectif du mandat et les missions qu’on leur a confiés. Pour se consacrer beaucoup plus au gain. Qu’est-ce que chacun d’eux peut tirer comme avantage direct sur les ressources de la CENI.
Mais, ils estiment aussi que le gouvernement ne met pas aujourd’hui à la disposition de la CENI les ressources nécessaires à son fonctionnement normal. Est-ce que de ce côté-là aussi le gouvernement ne pèche pas ?
Non ! Je crois que si les ressources à partir de la loi des finances, qui sont validées par l’Assemblée nationale pour le fonctionnement d’une institution, comme la CENI , si c’était ça le problème, je ne vois pas pourquoi à écouter, comme je vous l’ai dit, le commissaire Kébé, il portait l’anathème directement sur le président de l’Institution Bakary Fofana. En proclamant des zones de disfonctionnement en termes de gestion des ressources de la CENI. Donc, s’i l’on prend pour vrai ce que Kébé a dit, ça veut dire que les allocations sont arrivées.
Parce qu’il parle de ressource…
Ah oui ! C’est pourquoi je dis que certainement d’ailleurs, puisque le cadre de dialogue a recommandé la conception d’une novelle CENI, et que le mandat de cette CENI finit en 2019. Que d’ailleurs du point de vue de la loi, ils ne sont pas reconductibles, donc il y a un empressement, certes. Peut-être un enrichissement sur les ressources internes de la CENI. Ce qui est évident tout ça tourne sur question d’argent. Et non pas les capacités à faire le travail tel que c’est en droit d’être attendu par la Guinée.
Voilà ! Monsieur Camara, parlant toujours de cette institution électorale, beaucoup estiment aujourd’hui qu’en Guinée l’on privilégie plutôt ce qui devrait être secondaire C’est-à-dire le dialogue et le consensus. Lesquels devraient compléter le respect des lois de la Républiques. Est-ce que la crise qui mine le pays aujourd’hui ne dérive pas de là ?
Ben écoutez ! Il y a des textes qui commencent par la constitution et les lois de la République. Il y a les réglementations internes à chaque institution. Ce qu’ils appellent le règlement intérieur. Et maintenant, pour actionner tout ça, il y a les ressources humaines. Est-ce que ces ressources humaines sont compétences pour assumer ces responsabilités ? Ce sont des pistes de questions qu’on se pose. Ce que l’on remarque c’est que les gens sont davantage mus par les gains immédiats qu’ils peuvent tirer dans le cadre d’une institution plutôt que pour le travail pour lequel ils ont été choisis. Donc, oui il y a manifestement un problème. Et le problème n’est rien d’autre que la qualité et la compétence des ressources humaines. Pour nous, l’homme est cœur de tout. Donc, pour revenir à la CENI, comme partout ailleurs, c’est un peu cela. Tout part de la qualité des hommes.
Justement monsieur Camara, si l’UNR était au pouvoir aujourd’hui, qu’auriez-vous fait pour en quelque sorte amener les Guinéens à respecter les lois de la République, être en phase avec la République?
Je crois que vous faites beaucoup l’honneur à l’UNR. Nous souhaitons effectivement bénéficier de la confiance des Guinéens à un moment de notre histoire. Mais pour l’heure, je crois qu’il y a le président de la République Pr Alpha Condé qui bénéficie de cette confiance du peuple depuis en tout cas en 2015 dans le cadre de son second mandat. Il appartient au président de la République de tirer les conséquences au niveau de la République, du gouvernement, pour placer les hommes et les femmes en capacité des responsabilités. J’ai toujours dit et je le répète, le concept qui dit qu’on gouverne par le peuple et pour le peuple, devient de plus en plus obsolète. Nous sommes dans un monde marqué par la forte médiatisation. Les populations ne sont plus abreuvées que par la seule source d’information. Nous sommes globalisant, un monde qui bouge. Donc, il faut aujourd’hui avoir une gouvernance par le peuple, oui, pour le peuple, oui, mais surtout avec le peuple. C’est pourquoi la communication, la proximité sur l’intérêt général des Guinéens est une exigence. Nous avons vu en février, lorsqu’il y a la question portant sur le secteur de l’éducation, le gouvernement était très distant de la réalité des choses. Et le dérapage s’est produit. A Boké, ce qui est fort triste c’est que nous avons observé que le gouvernement était partout sauf là-bas. Donc, il y a un véritable problème. Le Président de la République doit en tirer les conséquences pour qu’il puisse être, lui, qui est l’élu des Guinéens, réellement en phase pour pouvoir être à l’écoute des Guinéens.
C’est vrai qu’il y a un message dans un pan de votre dernière intervention. Mais nous sommes au terme de cette interview, est-ce que vous avez un autre message en définitive ?
Je voudrais en tant que partenaire politique, je parle de l’UNR et au-delà l’UNR dans la COPAM; puisque nous avons l’engagement dan la déclaration de la COPAM de valoriser la vison du président de la République… Conakry en février 2017, Boké dans l’actualité, je crois qu’il faut que le Président de la République prenne les choses en main pour éviter un phénomène de contagion qu’on appelle en stratégie l’effet domino. Puisque Conakry, Boké, on ne sait pas où ça va se produire. Donc, le message des populations est assez fort, assez urgent. Donc, il faut que le président s’appuie sur des hommes et des femmes qui peuvent effectivement dans la froideur de l’Etat apporter les solutions en matière de communication. Echanger et être à l’écoute de la population pour éviter ces tragédies qui portent atteintes d’ailleurs à la sphère économique et sociale sous le mandat du président de la République. Nous insistons là-dessus, puisque c’est lui qui a le mandat du peuple. Le gouvernement, c’est une intendance constitutionnelle mise à sa disposition pour mettre en application à la fois cette vision, et être à l’écoute des populations.

Entretien réalisé par Nabilaye Diallo

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