« La manifestation doit demeurer  comme l’arme la plus efficace du combat politique »...

« La manifestation doit demeurer  comme l’arme la plus efficace du combat politique » (Faya Millimono)

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Dr Faya Millimono BL

Dr Faya Millimouno s’est confié à guineetime.com lors d’un entretien réalisé dans la soirée du lundi 24 avril dernier. Lisez !

Etes-vous d’accord avec certains leaders politiques de l’opposition, notamment, Mouctar Diallo de NFD, qui estiment que le moment n’est pas  opportun pour l’organisation des manifestations politiques qui aboutissent  aux mêmes résultats : des morts et des dégâts matériels ?

Je ne dirais pas les choses exactement comme cela. Parce que la manifestation, qu’elle soit beaucoup diabolisée dans le pays, elle reste et demeure un droit constitutionnel. En Guinée, pour diaboliser la manifestation, on la présente comme un acte violent. Sans avoir le courage d’indexer  celui qui est la cause de la violence. Il est clair qu’il n’y a pas une opposition dans un pays qui peut prospérer si elle est censurée. Donc, à notre avis, il faut indexer ceux qui sont à la base de la violence, mais la manifestation doit demeurer  comme l’arme la plus efficace   du combat politique.  Sinon, si on  enlève  la manifestation, dans des situations où rien n’est respecté, ni la loi, ni les accords, on pourrait passer d’une situation telle que nous la vivons aujourd’hui, à une situation de violence généralisée.

Mais les anti-manifestations, si je puis les appeler ainsi, estiment que depuis l’arrivée du Pr Alpha Condé au pouvoir, il y a plus de quatre-vingt (80) morts pour rien. Puisque la justice n’a pas été faite pour traquer  les auteurs de ces tueries. Au regard de tout cela, est-ce qu’il ne faille pas sursoir aux manifestations?

Non, pas du tout! On déplore, et nous ressentons toujours beaucoup de chagrin quand nous assistons à la mort de jeunes manifestants, à la manifestation de l’opposition. Mais, de là  à vouloir combattre la manifestation dans le jeu politique de notre pays, ce serait une grave erreur. Je crois que si nous nous inspirons de ce qui s’est passé ailleurs, lorsqu’il y avait de l’apartheid  en Afrique du Sud, il y avait de la violence qui était exercée sur les manifestants qui se battaient  contre les pratiques raciales. Si ceux-là avaient reculé, parce qu’il y avait  de la violence, on serait dans une Afrique du sud plurielle aujourd’hui  où, même s’il y a pas encore véritablement d’égalité…, on n’est plus tué simplement parce qu’on est de couleur noire ; est-ce que ces gens là au moment de ce combat, ont cédé à la violence d’Etat. Non! Je crois que la Guinée ne doit pas emprunter non plus le schéma de renoncer à ses responsabilités.

Justement, en prenant langue récemment avec certains responsables du RPG-arc-en-ciel , notamment son secrétaire administratif Lansana Komara, et sa coordinatrice générale  Hadja Nantou Chérif Konaté, tous s’accordent à dire qu’il y a un comité   de suivi du respect des accords du 12 octobre 2016 en place. Et qu’il faille  par conséquent  que les discussions se déroulent à ce niveau-là. Hadja Nantou  dit d’ailleurs que tout ce que l’opposition a réclamé a été en gros respecté. Elle cite en exemple le vote à l’assemblée nationale du code électoral. Qu’en répondez-vous ?

Je dois dire que nous devons sortir du mensonge dans notre pays. Nous savons bien que les accords n’ont jamais été respectés dans ce pays. On sais que les lois n’ont jamais été respectés. Il ne suffit pas de répéter le même mensonge mille fois pour que ça devienne vérité. Non ! Ça demeure mensonge. Donc,    la mauvaise foi doit être combattue pour que si on donne une parole, qu’elle soit respectée. Pour que s’il y a une loi qu’elle soit respectée. Encore une fois, je constate avec beaucoup d’amertume que la gouvernance actuelle ne semble pas du tout se remarier avec la vérité.

Mais en projetant à nouveau de nouvelles manifestations de rue, es-ce que cette stratégie en somme atypique de l’opposition, vous pensez pouvoir avoir gain de cause cette fois-ci ?

Il est clair que pour  toute stratégie  il faut toujours revoir. A chaque fois que nous avons fait face à des dissensions malencontreuses, moi je suis toujours resté de ceux qui pensent que lorsque nous engageons  une manifestation pacifique, et que quelqu’un soit tué, il faut complètement aller de l’avant. Par respect pour respect pour la mémoire de celui est mort.   Puisque personne en pareille circonstance, ne devait mourir. Alors, s’il y mort, il faudrait que nous restions dans la rue jusqu’à ce que  la responsabilité des auteurs soit située. Sinon, si à chaque fois qu’il y a un mort, nous reculons, après on retourne, ça devient un jeu dangereux. Il faut que nous adoptions la fermeté des manifestations que nous organisons.

En parlant de fermeté, vous-vous dites que le chef de file de l’opposition, Elhadj Cellou Dalein Diallo, a un peu lâché du reste récemment. Et que c’est ce qui s’est retourné  contre l’opposition ?

Je ne juge pas de la stratégie adoptée par l’UFDG. Ce que je sais c’est qu’au niveau de l’opposition, où le BL (Bloc Libéral) continue de s’exprimer, que ça soit à travers ses plates-formes auxquelles nous participons, ou individuellement,  nous pensons que la fermeté doit accompagner nos actions. Sinon, nous allons complètement perdre le nord.

Propos recueillis par Naby Laye Diallo

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