France : Condé veut « évoquer avec Hollande le sort de l’Ivoirien Gbagbo »

France : Condé veut « évoquer avec Hollande le sort de l’Ivoirien Gbagbo »

0
PARTAGER
Crédit photo : 20mn

Selon le très prestigieux journal « Le Monde », le Guinéen Alpha Condé, en visite d’Etat à Paris,  veut évoquer avec François Hollande, au nom de plusieurs présidents africains, le sort de l’Ivoirien détenu à La Haye.

En ce milieu du mois d’avril, les drapeaux de la Guinée et de la France flottent à Paris. Alpha Condé est reçu en visite d’Etat les mardi 11 et mercredi 12 avril.

En marge des cérémonies et discours officiels, le président guinéen a une dernière demande à formuler au «camarade » François Hollande. Elle concerne un ancien président ouest-africain, incarcéré depuis novembre 2011 au quartier pénitentiaire de la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye (Pays-Bas), sous l’accusation de crimes contre l’humanité. Il s’agit de l’Ivoirien Laurent Gbagbo, dont le procès, qui s’est ouvert en janvier 2016, pourrait durer au moins quatre ans, en raison notamment des 138 témoins à auditionner. L’idée portée par M. Condé au nom de plusieurs chefs d’Etat d’Afrique de l’Ouest francophone serait d’œuvrer pour une liberté conditionnelle.

Le Guinéen Alpha Condé, le Nigérien Mahamadou Issoufou, le Malien Ibrahim Boubacar Keïta et le Burkinabé Roch Marc Christian Kaboré ont en commun d’avoir lutté contre des pouvoirs autoritaires, d’avoir étudié en France et d’appartenir à l’Internationale socialiste.

Déjà, en marge du sommet Afrique-France qui s’est tenu en janvier à Bamako, puis lors de récents passages à Paris, ces quatre chefs d’Etat africains avaient parlé du cas Gbagbo au président français.

«Alpha Condé a évoqué cette situation avec moi. Rien de plus. » Dans sa réponse au Monde, M. Hollande se montre concis.

«La CPI travaille en toute indépendance », ajoute-t-il.

Contacté, le président guinéen se veut prudent.

«On ne peut pas changer la CPI et ma position m’interdit toute ingérence dans des affaires nationales ivoiriennes et dans une procédure en cours devant une juridiction internationale », dit le chef de l’Etat guinéen, qui a été désigné en janvier à la tête de la présidence tournante de l’Union africaine (UA), au sein de laquelle plusieurs Etats militent en faveur d’un retrait de la CPI, à laquelle ils reprochent de ne s’attaquer qu’à des personnalités africaines.

La demande du quatuor, transmise de manière orale et destinée à rester confidentielle, se révèle délicate dès lors qu’elle s’attaque au principe de la séparation des pouvoirs. Critiques, en privé, à l’égard de la CPI, ils font valoir l’âge avancé de M. Gbagbo, 72 ans le mois prochain, et une durée du procès qui devrait s’étirer encore sur des années. Dans toutes les mémoires, il y a la mort en prison de Slobodan Milosevic, en 2006 à La Haye, où le président serbe était jugé pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide. A cela s’ajoutent des considérations personnelles et historiques.

«Alpha Condé n’a jamais oublié que Laurent Gbagbo s’était mobilisé pour lui lorsque le régime de Lansana Conté l’avait jeté en prison [il avait été arrêté en 1998, jugé en 2000 puis libéré en 2001] », veut croire le professeur de droit franco-sénégalais Albert Bourgi, ami de longue date de ces présidents : «Panafricanistes, socialistes, ils partagent une même fibre politique et restent attachés à la liberté d’un camarade. »

En savoir plus www.lemonde.fr

Facebook Comments

AUCUN COMMENTAIRE

Laisser un commentaire