Environnement : Le DG de la Société Minière de Boké se défend

Environnement : Le DG de la Société Minière de Boké se défend

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Source Photo : SMB

Conakry, Guinée : Suite à la publication d’un article sur la question environnementale à Boké,  le Directeur général de la Société Minière de Boké, Frédérick Bouzigues, a accordé un entretien à Guinéetime pour évoquer les questions de gestion environnementale, de compensations des populations impactées par l’exploitation de sa société mais surtout de la contribution de la SMB au développement local.

 

GuinéeTime : La Société Minière de Boké a-t-elle réalisé à ce jour des Etudes d’impact environnemental et social dans la zone de votre projet ?

Frédérick Bouzigues :Toute société minière se doit de réaliser des études d’impact environnemental et social conformément à la législation. Une compagnie minière en exploitation, qui n’a pas réalisé cela, reviendrait à dire que l’Etat n’a pas  fait son travail et a délivré des permis de manière fausse.

De la recherche à l’exploitation, selon le Code minier amendé, il est demandé une liste de documents à fournir dont l’EIES, un corps complet de l’étude de faisabilité. La Société Minière de Boké a un permis d’exploitation.

Bien entendu, la SMB a réalisé ses études d’impact environnemental  et social pour les composantes Mines, Port et Routes. A chaque fois que nous faisons une infrastructure, nous réalisons une étude d’impact environnemental  et social.  Aujourd’hui nous en sommes à dix études réalisées dans la zone de Boké. La SMB est titulaire d’un deuxième permis d’exploitation

Toutes ces études, il y a eu des restitutions locales publiques, des améliorations sont proposées avant une restitution finale dans des commissions spécifiques. Quatorze départements ministériels forment le comité interministériel. C’est à la suite de la deuxième restitution finale que le bureau guinéen d’évaluation environnemental (BGE) accorde un certificat. Nous avons obtenu aujourd’hui trois certificats annuels. Toutes nos études sont publiques et consultables par tous.

Comment expliquer les poussières, l’assèchement des rivières, bref les complaintes des populations riveraines ?

Parce que, malheureusement la désinformation, la mal information existe. Nos actions dans le cadre des études d’impact environnemental sont publiques. On n’est pas à l’abri d’accusations de toutes parts. On ne peut pas traiter le mécontentement par coup de baguette magique. Lors de la première étude, plus de 1500 habitants résidaient à Katougouma.

Nous avons fait un recensement dans le cadre de la première étude. Aujourd’hui, par bonheur,  ce nombre a triplé, les gens sont venus de partout, emmenant des familles. Nous, nous n’utilisons pas d’eau à la SMB. Il n’y a aucun impact chimique de notre exploitation. Notre bauxite est extraite et  ne subit pas de transformation. Mais la nappe phréatique est là et dépendante de ce qui se passe.

Les infrastructures ne suffisent plus avec l’accroissement de la population. C’est pourquoi depuis 2016, on a réalisé plus de 30 forages d’eau. Ce programme doit continuer en 2017.

Mine de la SMB

On a l’impression que vous êtes très sûrs de ces études. N’y a-t-il pas eu de failles ?

Il n’y en a pas eu dans les études. Dans le développement d’une société comme la nôtre, Je ne dis pas que tout est parfait, mais ce que nous avons réalisé en un an et demi, n’est pas comparable.

Parlant de poussières, on emprunte pas une voie publique. Sur notre route minière qui fait 50 mètres de large et 23 kilomètres de longueur, nous avons pris soin de ne traverser aucun village, 6 kilomètres avant le port, à Katougouma, on a fait une bifurcation pour être loin du village. Cette bifurcation de 6 km est pavée, ce qui permet de réduire la poussière faite par des pistes en latérite. Si vous allez à Katougouma aujourd’hui, il n’y a aucun problème.

Nous assumons être un acteur majeur et responsable, si nous pouvons étendre nos actions au délà de notre zone, nous le ferons. On est parfois malheureusement victime de notre succès avec des actions fausses, qui n’ont pas raison d’être.

Un groupe de députés de la République a vu les portes de la SMB fermées, lorsqu’il a voulu voir plus clair dans ces accusations sur l’environnement

C’est faux ! Je vais dire ce qu’il s’est passé. La commission des Mines a décidé un jour de venir. C’est ouvert, les portes de la SMB.  L’Etat est actionnaire chez nous. Nous n’avons aucun problème, nous sommes en contact avec cette commission.

C’est facile de sortir les images des contextes. Il faut les rétablir. A l’époque, notre ministre de tutelle avec  celui de la Décentralisation, sur instruction du chef de l’Etat, sont venus voir les autorités locales, les compagnies minières,  pour parler des problèmes de sécurité et d’entrées intempestives dans nos compagnies. Des actions des uns et des autres qui ont pour but d’empêcher les projets de se développer. Ils ont dit qu’il faut protéger l’ensemble  de ces projets qui vont grandir la Guinée.

Je suis en contact avec la Commission des Mines de l’Assemblée nationale qui m’a dit : «on va y aller ». Et puis un matin, on m’appelle pour me dire que les députés sont à la porte de notre base vie. Pas à Boké. Nos équipes de sécurité, conformément aux instructions, exigent des «Ordres de mission » que ne détenaient pas nos élus. Un malentendu d’une heure intervient mais enfin, ils ont pu avoir accès au site. Ce problème a été géré. Mais les gens n’ont retenu que le petit incident.

Quelles sont périodes de réalisation de vos  études d’impact environnemental et social?

Les premières études ont été réalisées pendant les moments des permis de recherche entre fin 2014 et juillet 2015. Ensuite, les études d’impact social. Nous n’avons délocalisés aucun village, nous sommes dans une zone franche. Certains villageois faisaient de la culture. On a fait des inventaires d’où découlent des compensations financières. L’ensemble de ces compensations dépasse les 5 millions de dollars américains au  7 septembre 2016 pour 18 groupes. Ça concerne beaucoup de personnes. Nos rapports sont disponibles au ministère des Mines, au BGE etc…

Certaines personnes ne sont pas contentes de ces compensations…Comment vous le faites ?

Il y a une réglementation précise en la matière. Suivant le type d’agriculture, de fruits, de terre etc….il y a un coût. Deuxièmement, chaque essence répertoriée, la compensation est faite par des experts et des montants sont alloués. En suivant l’âge et la productivité de l’arbre en question, des taux différents sont pratiqués. On ne nous a jamais dit qu’on n’est pas heureux après les compensations. Une fiche est élaborée et c’est après que l’individu signe.

Au-delà de cela, nous avons décidé le réaménagement de 37 ha à Katougouma, supérieure à la surface que les villageois exploitaient. C’est la SMB qui a financé cela. Ce n’est pas une obligation contractuelle. C’est de la responsabilité sociétale de l’entreprise. Nous avons aussi rénové 2 écoles dans la zone, des puits d’eau, de petits ouvrages etc…

La photographie de Katougouma a changé aujourd’hui après les compensations car beaucoup de personnes y ont investi l’argent reçu de leurs compensations.

On est face à un grand développement. Je ne dis pas que tout est parfait.

Nous n’avons aucune vacance fiscale, aucune exonération, aucune convention. Chaque taxe, chaque centime payable, à cause de nos activités, nous le payons. Le Fonds de développement local, comme l’a dit le Code minier, 0.5 pour cent du chiffre d’affaires fait partie de nos responsabilité sociale. La SMB est à la fin de son premier exercice comptable. On n’a pas arrêté nos comptes mais on a déjà  2 millions usd injectés dans les petits projets en 2016. On est au fait de ce qui se passe. On injecte par mois 15 millions usd dans l’économie guinéenne. Nos taxes à l’extraction pour  une seule année fait 27 millions usd.

Entretien réalisé par Amadou Touré

 

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