Adoption ratée du Code Electoral: « Nous avons été entendus » (Dr Faya...

Adoption ratée du Code Electoral: « Nous avons été entendus » (Dr Faya Millimouno)

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Faya Millimouno, Président Bloc Libéral

Conakry, Guinée- Dr Faya Millimouno du Bloc Libéral s’est confié à notre réaction, à propos de l’adoption ratée du Code électoral à l’Assemblée nationale il y a quelques heures. Fervent combattant du point 2 du dernier accord politique, il savoure la victoire du Peuple, quoi qu’il en soit.

 

Guineetime : Vu ce qui se passe sur la scène politique guinéenne, la non adoption du Code électoral dont vous avez rejeté certains points issus du dernier accord politique, vous devez en rire…

 

Faya Millimouno : Non, on ne rit pas nécessairement, nous sommes tout à fait conscient des enjeux du moment. Si on est satisfait d’un côté, ce pourquoi on a lutté, ce que nous voulions éviter, ait pu être évité, nous ne sommes pas contents de la tournure des évènements. Nous avions comme priorité depuis deux ans, l’organisation des élections locales. Chaque fois que nous sommes devant la table, nous mettons cela comme priorité. L’opposition a failli boycotter les élections présidentielles de 2015, faute d’organisation des élections locales. En 2016, il y a eu beaucoup de débats. Au cours du dialogue, malheureusement, une partie de l’opposition a rejoint la mouvance présidentielle pour jouer à  la montre. Ils ont changé l’ordre de priorités des choses. Au lieu que l’organisation des communales soit la priorité des priorités, ils ont mis au devant l’évolution de la loi. Puisque que le cadre de dialogue n’est pas un cadre de décision, mais de recommandations, l’opposition sachant qu’elle est minoritaire à l’Assemblée nationale, en choisissant d’emboiter le pas à la  mouvance présidentielle pour que  le problème se règle à l’Assemblée nationale, a simplement contribué à renvoyer aux calendes grecques l’organisation des élections locales et ne pas procéder à l’évolution de la loi tel qu’ils ont voulu le faire.

Aujourd’hui, nous amenons le pays à la case départ Dans les jours et semaines qui vont suivre, on ne parlera que d’élections. Cela nous enlève l’attention sur les vrais problèmes auxquels le pays est confronté : chômage, l’immigration clandestine, insécurité, manque de routes, la crise de l’école, de la santé, la paupérisation de la population….Ces questions seront renvoyées aux calendes grecques parcequ’on réclame des élections.

Il faut qu’on arrête cela, c’est un jeu qui est devenu dangereux. En tant qu’hommes politiques, nous devons nous rendre compte que le peuple commence à nous tourner le dos parceque nous ne voulons pas nous battre pour le peuple. Mais nous nous battons les uns contre les autres pour des choses sur lesquelles on ne s’entend pas.

Le régime s’est-il joué de l’opposition ?

C’est notre sentiment. Ces élections ont été repoussé plus d’une fois. Et la principale raison  du nombre de fois que les élections ont été reportées, c’etait le manque de volonté de la mouvance présidentielle. Nous le savions. Si on avait gardé notre focus sur la priorité de l’organisation des élections, ce qu’on a appelé des « contraintes légales, en fait des corrections mineures dans le Code électoral, qui ne suscitaient aucun débat puisque tout le monde était d’accord, on  se serait contenté de recommander cela et ça nous prendrait moins d’une demi-journée pour la session qui s’est achevée à l’Assemblée nationale pour faire ces corrections, ouvrant ainsi la voie à l’organisation des élections. La mouvance a commencé par déplacer le débat. Par la voix de Damaro, il a été dit que « si le focus est sur les  chefs de quartiers et de districts, c’est parceque tout le monde n’est pas représenté. Si nous faisons en sorte que chacun soit là, on peut s’entendre ». Cela dénote l’idée de partage d’intérêts, à l’image des délégations spéciales des mairies. Ce, sur le dos du peuple de Guinée. Moi j’ai dit qu’on est entrain de déplacer le débat car si le débat  se cristallisait sur les chefs de quartiers, parcequ’ils jouent un moment rôle dans l’organisation des élections.

 

Vous vous êtes battus pour qu’un point de l’Accord politique relatif au choix des chefs de quartiers ne soit pas pris e, compte dans le Code électoral. Aujourd’hui ce code  pas été adopté. Votre combat à vos yeux a-t-il été payé ?

Nous pouvons considérer qu’en partie, nous avons été entendus. Notre combat n’était pas gagné d’avance puisqu’une entente avait été scellée entre les grands partis politiques. Mais on a abordé cette lutte avec stratégie. Pendant que ces deux grands partis politiques défendaient l’accord, mais essentiellement un parti politique, l’UFDG qui n’avait pas compris la supercherie, au détriment de l’opposition elle-même, en les qualifiant les autres  de petits partis, de frustrés et non pas en argumentant. Finalement, on a fait du mal à l’opposition. La mouvance s’est assise et a laissé faire : l’UFDG tirer sur les autres partis. Cela, durant tout le temps que ce jeu a duré.

Nous sommes restés sur notre position et on a continué à expliquer. On a  été victimes d’invectives et cela nous a permis d’être compris par les toutes les plateformes de la société civile, de hautes personnalités indépendantes et même des partis politiques dont le nombre n’a cessé de croitre ! L’UFR de Sydia Touré, le PEDN et les autres partis du Front  que nous avions mis en place. On a fait une pétition ainsi qu’un plaidoyer dans lequel on a proposé des solutions alternatives. Les gens ont compris que nous sommes sur la bonne voie.

On a personnellement parlé avec beaucoup de députés et ceux-ci étaient des deux bords : l’opposition et la mouvance. Certains, même de l’UFDG, ne se sentaient pas confortables avec le point 2 de l’Accord politique. Mais chaque député avait peur des représailles de son parti si le vote à l’Assemblée nationale se fait à mains levées. Ce qui a expliqué la démarche au sein de l’Assemblée nationale comme celle du groupe des Républicains, demandant que le vote, s’il devait y avoir lieu sur cette question, se fasse par bulletin secret et non à mains levées. Ils ont demandé qu’il y ait 15 signatures pour respecter la règle de l’Assemblée nationale. Je peux vous dire qu’il y en au 18. Parmi les signatures, il y a eu celles des Libéraux-Démocrates, de l’Arc-en-ciel, en plus  de l’indépendant Silla Bah et des 12 des Républicains. Cela voulait dire que nous allions à une chose :  si le vote avait lieu, les deux grands partis pouvaient être désavoués par leurs propres députés ! C’est ce qu’ils ont évités.  A bulletin secret, vous auriez constaté le rejet du projet de loi à un pourcentage qui aurait décrédibilisé les deux grands partis politiques  nombre de députés. Malicieusement, (rires),  ils ont  essayé de ne pas aller sur le terrain et  faire semblant qu’ils ne se sont pas entendus. Pour nous, on reconnait la victoire du peuple.

 

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