Guinée : Mamady Youla, un Premier ministre en sursis….

Guinée : Mamady Youla, un Premier ministre en sursis….

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Le Premier ministre YOULA
Le Premier ministre YOULA

Conakry,Guinée : En s’attaquant mardi aux « insuffisances » du gouvernement, incapable d’absorber des fonds étrangers, le chef de l’Etat, Pr Alpha Condé, désavoue publiquement le coordonnateur de l’action gouvernementale, le premier ministre Mamady Youla.

Le Premier ministre Mamady Youla est sur une chaise éjectable ! A s’en tenir aux remontrances de son « employeur », l’ex DG de la société minière GAC doit revoir sa copie ou, au pire des cas, songer à l’après Primature.

Lors d’une cérémonie à laquelle lui-même, Mamady Youla avait pris part mardi à Conakry, Alpha Condé à mis à nu les faiblesses des ministères, bref de son gouvernement.

«J’ai fait le tour des partenaires de la coopération bi et multilatérale pour savoir quelle est la situation et je verrais les ministres….Dans beaucoup de secteurs, alors que nous avons besoin de nous développer, il n’ y a pas d’absorption de fonds. Comment voulez-vous que les pays nous aident alors que l’argent qu’ils ont donné n’est pas utilisé? Voila un problème concret. Pourquoi notre taux d’absorption est très faible : 10 pour cent, 15 pour cent…Un pays qui en a tant besoin. Pourquoi il y a de l’argent et les ministères n’arrivent pas à utiliser? » affirme Alpha Condé.

En menaçant de faire partir « tous les ministres et les directions nationales », des observateurs analysent que le chef du gouvernement est directement visé.

Dénonçant « beaucoup de bureaucratie et d’insuffisances », le président guinéen a fait des révélations sur le faible taux d’absorption des fonds mis à la disposition de la Guinée par l’AFD, l’’institution financière publique en charge de mettre en œuvre la politique d’aide définie par le gouvernement français au profit de pays en quête d’un développement.

« L’Agence Française de Développement (AFD) m’a dit : «Monsieur, on veut bien vous accompagner, mais voilà la situation : l’argent qui est là n’est pas utilisé », regrette-il

Par contre, dans un pays comme la Côte d’Ivoire, en juin  2016, le directeur général de l’Agence Française de Développement (AFD), Remy Rioux, a traduit l’engagement de l’institution à accompagner le Plan national de développement 2016-2020 de la Côte d’Ivoire, en mettant notamment à la disposition du pays les ressources nécessaires au financement du «maximum » de projets.

Selon la presse ivoirienne, ce plan est évalué à 30 000 milliards de F CFA avec 11 300 milliards consacrés aux projets d’investissements publics et le reste à des projets d’investissements privés.

«Nous sommes venus accompagner le plan de développement de la Côte d’Ivoire. Nous allons financer le maximum de projets », a déclaré notamment Remy Rioux au terme d’une audience que lui a accordée, le président de la République, Alassane Ouattara.

« 300 millions usd à mettre en oeuvre »

C’est le Représentant Résident de la Banque mondiale en Guinée, Rachidi Radji, qui a sonné cette charge dans notre pays depuis juin 2016, à l’occasion de la Revue de la performance du portefeuille des projets et programmes financés par cette institution de Bretton Wood.

Lire aussi : Portefeuille Banque mondiale : La Guinée n’arrive pas à absorber 300 millions USD

«On a un taux de décaissement moyen. Aujourd’hui, sur 500 millions usd mobilisés, on a 300 millions usd à mettre en oeuvre ! Cela veut dire que nous avons une marge de manœuvre de près de 60 pour cent de notre portefeuille. Au même moment, la question serait idéale si la Guinée était capable de s’organiser pour absorber ce montant dans un laps de temps relativement court. Cela nous ramène à une question de capacités. C’est clair : on ne peut pas décaisser s’il n’y a pas eu programmation, s’il n’y a pas eu passation de marchés Le décaissement est le bout de la chaîne » avait dit M.Radji.

Pour cet expert de la Banque mondiale, la faible capacité d’absorption «revient à la question de leadership, de la préparation technique et de suivi-évaluation pour accélérer les décaissements. Avec un point de mire sur la question de la gestion financière, un point sur lequel nous n’avons pas beaucoup de problèmes, je dois l’avouer. Mais nous demeurons vigilants sur l’analyse des risques. .»

En lançant l’ultimatum de faire partir tous les ministres d’ici trois mois si cette faible capacité d’absorption n’est pas « réglée », Alpha Condé met également en sursis le locataire du palais de la Colombe, le premier ministre Mamady Youla.

Tibou Kamara, ancien journaliste, bien introduit au Palais présidentiel Sèkhoutouréyah, confiait cette semaine à une émission de grande écoute que Mamady Youla, est un homme qui a de la chance. A méditer…

Sauf si, pour des guinéens sceptiques, Alpha Condé peut couper des bras en lieu et place des têtes promises.

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