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Guinée- Pêche : qu’en est-il de la levée de la sanction de l’UE? réponse de Youssouf Hawa Camara

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Youssouf Hawa
Youssouf Hawa

A l’occasion de ce onzième numéro de Décryptage, la Cellule de Communication du Gouvernement a rencontré Monsieur Youssouf Hawa Camara Chercheur Halieute, actuellement Responsable en charge du Suivi-Evaluation au sein de l’Unité de Gestion du Projet Régional des Pêches en Afrique de l’Ouest (PRAO-Guinée).

Au cours de cet entretien, il a été question entre autres de la relance de la coopération avec l’Union Européenne, la levée de la sanction contre la Guinée et les nouvelles réformes en cours dans le secteur des pêches de l’aquaculture et de l’économie maritime. Entretien

Bonjour Monsieur, veuillez-vous présenter s’il vous plait et dites-nous quel est le rôle de votre Département ?

Je suis Youssouf Hawa CAMARA, Chercheur Halieute. Présentement, Responsable en charge du Suivi-Evaluation au sein de l’Unité de Gestion du Projet Régional des Pêches en Afrique de l’Ouest (PRAO-Guinée). Ce projet est évidemment placé sous l’autorité de Monsieur le Ministre des Pêches, de l’Aquaculture et de l’Economie Maritime.

Pour rappel, le Ministère des pêches, de l’Aquaculture et de l’Economie Maritime a pour rôle de concevoir, de coordonner, de promouvoir et d’assurer le suivi de la mise en œuvre de la politique du Gouvernement dans le domaine des Pêches, de l’Aquaculture et de l’Economie Maritime.

Dans l’accomplissement de cette mission, une attention particulière est accordée à la préservation des ressources halieutiques, la sécurité alimentaire des populations, la création d’emplois et l’accroissement de la contribution du secteur des pêches à l’économie nationale.

Quant au PRAO c’est un projet régional sur financement de la Banque Mondiale et mis en œuvre en Guinée, au Cap Vert, en Gambie, au Ghana, en Guinée-Bissau, au Libéria, en Mauritanie, au Sénégal, en Sierra Leone et bientôt en Côte d’Ivoire. De façon simplifiée, l’objectif du PRAO est l’augmentation d’une manière durable de la richesse globale produite par l’exploitation ressources halieutiques marines ciblées à travers une approche partagée qui assurerait que les ressources halieutiques marines sont utilisées d’une manière écologiquement durable, socialement équitable et économiquement avantageuse.

En Guinée, le Projet PRAO entend ainsi contribuer à la résolution des principaux problèmes et contraintes qui entravent le développement du secteur de la pêche. A ce titre, il est en parfaite adéquation avec les recommandations des états généraux de la pêche et de l’aquaculture présidés en septembre 2013 par Monsieur le Président de la République.

Pouvez-vous nous parler des nouvelles réformes en cours dans le secteur des pêches de l’aquaculture et de l’économie maritime ?

Les réformes actuellement en cours dans le secteur des pêches, de l’aquaculture et de l’économie maritime portent sur la mise en œuvre des recommandations des états généraux centrées entre autres sur la révision :

* de la politique et stratégie de développement du secteur,

* du cadre juridique et institutionnel ;

* la restructuration de l’administration ;

Notre pays est le seul au monde qui existe sur la liste de l’UE comme pays non coopérant. Que fait votre département pour relancer la coopération avec l’Union Européenne, et à quand la levée de la sanction?

Il est important de préciser que l’inscription de la Guinée sur la liste des pays non coopérants est un long processus qui a commencé depuis 2010.

Faisant perdre d’immenses ressources aux États côtiers, la pêche INN est aujourd’hui une préoccupation majeure de la Communauté internationale et du Gouvernement de la République de Guinée, au même titre que la lutte contre la drogue et le narcotrafic. Dans cette optique, les procédures de lutte prévoient que tous les pays doivent remplir les obligations que le droit international leur impose en leur qualité d’État du pavillon, d’État du port, d’État côtier ou d’État de commercialisation, afin de prévenir, décourager et éradiquer la pêche INN.

S’agissant de la coopération avec l’UE, je vous dirai clairement que notre gouvernement, soucieux de la préservation des ressources halieutiques, ne ménage aucun effort pour une relance effective de cette coopération sous l’impulsion du Président de la République, Chef de l’État, le Professeur Alpha CONDÉ qui en fait son cheval de bataille. Il s’est personnellement impliqué dans l’amélioration du dispositif guinéen du Suivi, Contrôle et Surveillance (SCS) des pêches. Plusieurs mesures ont été prises et des actes concrets posés par le Pr Alpha CONDÉ au nombre desquels figurent entre autres :

* la révision de la réglementation sectorielle (codes de la pêche maritime, de la pêche continentale et de l’aquaculture);

* la suspension de l’activité des bateaux qui violent les normes en vigueur avec les règles prescrites et le droit guinéen ;

* le fonctionnement 24 heures/24 du Service VMS domicilié au Centre National de Surveillance et de Protection des Pêches (CNSP) ;

* le renforcement et la multiplication des opérations de surveillance maritime et aérienne par le CNSP en collaboration avec la Préfecture Maritime ;

* le rehaussement des amendes infligées aux navires en infraction ;

* l’amélioration des connaissances sur l’état des ressources halieutiques par des campagnes scientifiques réalisées par le Centre National des Sciences Halieutiques de Boussoura (CNSHB) ;

* la confection des licences biométriques de pêche et la rationalisation de leur attribution ;

* l’instauration d’une période de repos biologique d’une durée de 2 mois par an, etc.

Récemment, il a été organisé à Conakry un atelier sur la vulgarisation du Guide sur les Mesures du Ressort de l’Etat de port pour permettre aux différents acteurs impliqués dans les activités de pêche en République de Guinée de s’approprier de cet outil et de se conformer aux obligations et recommandation des conventions internationales.

Aussi, le 4 avril dernier, Monsieur le Ministre des Pêches, de l’Aquaculture et de l’Economie Maritime, Monsieur le Ministre Conseiller à la Présidence chargé de la Pêche et Monsieur le Préfet Maritime ainsi que cinq cadres du Département des Pêches, ont animé une vidéoconférence organisée par la Direction Générale des Affaires Maritimes et de la Pêche de la Commission Européenne (DG-MARE). L’objectif visé était de discuter et de préparer l’arrivée prochaine de la mission de la DG-MARE à Conakry dans le cadre de la poursuite du dialogue pour la sortie rapide de la Guinée de la liste des pays tiers non coopérants en matière de lutte contre la pêche INN.

Quant à la date de la levée de la sanction, je ne saurai vous le dire exactement. Soyez cependant rassurés que c’est pour bientôt et très bientôt car, grâce l’implication effective du Chef de l’État, le Professeur Alpha CONDÉ, la plupart des manquements soulevés a été corrigée et les dernières recommandations formulées par l’UE sont mises en œuvre.

Outre la sanction de l’UE, le secteur des pêches a aussi été affecté par la crise sanitaire. Dites-nous quel a été l’impact réel de l’épidémie d’Ebola sur le secteur des pêches?

Le secteur des pêches et de l’aquaculture a été profondément affecté par l’épidémie d’Ebola et les pêcheurs artisans dans des endroits difficiles d’accès ont subi les impacts de la maladie. Au-delà des aspects humains et financiers, l’épidémie d’Ebola a globalement ralenti voir annulé les activités de renforcement des capacités des cadres du Ministère par l’annulation de plusieurs cycles de formation à l’étranger. Dans certains cas, les stagiaires ont été forcés à mi-chemin de retourner au pays.

Malgré son potentiel halieutique, la population Guinéenne est souvent confrontée à des pénuries récurrentes de poissons. Quelles sont les dispositions envisagées dans ce sens ?

Pour l’approvisionnement de la population guinéenne en poisson, les dispositions mises en place par le Département sont :

* la priorisation de la pêche artisanale qui assure l’essentiel des débarquements ;

* le renforcement du suivi-contrôle-surveillance des activités des navires étrangers de pêche dans le but d’accroître leur contribution à l’approvisionnement du marché local ;

* l’appui aux opérateurs guinéens ;

* le développement de la pisciculture.

Monsieur Camara, merci pour toutes ces précisions.

C’est moi qui vous remercie.

La Cellule de Communication du Gouvernement

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