Après l’inculpation de Dadis, l’adresse de l’OGDH aux acteurs politiques

Après l’inculpation de Dadis, l’adresse de l’OGDH aux acteurs politiques

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Le porte-parole de l'OGDH
Le porte-parole de l’OGDH

La Guinée-Conakry est secouée depuis quelques heures par l’annonce de l’inculpation de l’ex chef de la junte, Moussa Dadis Camara, dans le dossier des crimes commis par des bérets rouges de la garde présidentielle en septembre 2009 dans un stade de Conakry. L’OGDH, se félicitant de cette avancée dans ce dossier, met en garde les acteurs de la scène politique dont les réactions sont si nuisibles à la poursuite de ce dossier.Amnésie?

«Nos organisations entendent également appeler la population et l’ensemble des partis et acteurs de la vie politique guinéenne à la retenue et au respect de cet acte important que vient de poser la justice guinéenne. Il est primordial que la justice puisse accomplir son travail en toute sérénité », a déclaré M. Abdoul Gadiry Diallo, porte-parole de l’OGDH.

Deux juges guinéens qui se sont rendus à Ouagadougou, au Burkina Faso où vit en exil Moussa Dadis, ont entendu puis inculpé cet ancien président de la junte qui a pris le pouvoir à la mort du feu général Lansana Conté.

Depuis, les réactions sont vives dans l’arène politique. Si le chef de file de l’opposition Cellou Dalein Diallo – avec lequel une alliance était annoncée avec le parti de Dadis- craint une « instrumentalisation de la Justice », un proche de l’ancien putschiste, Papa Kolly Kourouma évoque un « complot international » contre l’Enfant de Koulé.

Pourtant, la FIDH et ses associations victimes se félicitent de cette inculpation.

L’inculpation de Moussa Dadis Camara constitue l’aboutissement de plusieurs années d’enquête », a déclaré Me Drissa Traoré, vice-président de la FIDH dans un communiqué de cette organisation de défense des droits humains.

A Ouagadougou, Dadis Camara a démissionné de l’armée guinéenne avant de troquer son uniforme contre un costume politique. Il a aussitôt annoncé sa candidature aux présidentielles de 2015, puis une alliance (probable) avec le principal parti d’opposition, l’UFDG.

«La FIDH, l’OGDH et l’AVIPA, aux côtés d’une vingtaine d’organisations de la société civile guinéenne, avaient immédiatement dénoncé cette candidature, qui n’a pas d’autre objet pour Dadis Camara que de se soustraire à la justice guinéenne et de négocier les conditions de son impunité. Nous nous félicitons que cette candidature n’ait pas entravé la bonne marche de la justice et que celle-ci ait pu poursuivre son travail en toute indépendance » a déclaré Mme Souhayr Belhassen, présidente d’honneur de la FIDH.

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